imkPourvu d’un écosystème agro-sylvo-pastoral endémique très précieux, le Niger subit d’importants dégâts naturels du fait des feux de végétation.

Chaque année, après la saison des pluies, une large bande d’Est en Ouest du pays est touchée par des feux sauvages et incontrôlés, réduisant de fait le couvert végétal utilisé pour l’alimentation du bétail.

Si l’impact négatif des feux de brousses est directement ressenti par la perte d’une végétation précieuse pour les troupeaux, il peut être, sur le long terme, dommageable pour les sols devenus plus érosifs et plus vulnérables au lessivage et au dessèchement. Les incendies répétés aux mêmes endroits épuisent définitivement les couches arables des sols essentielles à leur fertilité et à la leur conservation.               bm

Pour le Gouvernement Nigérien, la lutte contre les feux de brousse est un ensemble de mesures et d’actions prioritaires à mettre en œuvre visant à atténuer les impacts négatifs des feux de brousse. Techniquement, les pares-feux contribuent à la protection du pâturage, en isolant les espaces les uns des autres par de larges bandes de terrain mises à nu dont l'objectif est de réduire ou de stopper la progression du feu dans les broussailles ou le tapis herbacé.

Chaque année, un programme d’ouverture de bandes pare feux est mis en œuvre systématiquement pour protéger et préserver chaque zone pastorale ciblée par les services techniques nationaux et régionaux compétents. Au-delà de la sauvegarde des ressources agropastorales et de la lutte contre la dégradation des terres, l’accent est mis aussi sur la protection des biens et des personnes ainsi que sur le renforcement des moyens d’existence des populations vulnérables bénéficiaires et fortement impliquées dans la mise en œuvre d’un tel programme de prévention.

Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Renaissance 2, le gouvernement du Niger a prévu la réalisation de 40 000 kml de bandes pare feux par an dans les zones pastorales sujettes aux feux de brousse.

Les zones prioritaires de cette opération 2020 sont les zones pastorales susceptibles d’être affectées par les feux de brousse (zone de feux). Elles ont été Identifiées par les services de l’élevage puis consolidées en tenant compte des orientations (zones d’insécurité, biomasse et lignes directrices des évaluations…). Ces zones sont généralement réparties dans les localités indiquées dans la carte ci-après.

 

 

 

Figure 1 : Répartition des zones pastorales dites de feux sur le territoire national

En soutien au programme du gouvernement, la CCA propose de se concentrer dans les zones pastorales prioritaires où l’incidence de l’insécurité alimentaire est élevée. L’objectif est d’atténuer les impacts négatifs des feux de brousse par l’ouverture de 8000 kml de bandes pare feux dans les zones à haut risque de feux de brousse, soit environ 20% de la planification globale..

L’accent est mis aussi sur la lutte contre la vulnérabilité alimentaire, sur la protection des biens et des personnes ainsi que sur le renforcement des moyens d’existence des eleveurs vulnérables bénéficiaires à travers la conduite d’une opération privilégiant la modalité d’intervention dite de « Transferts monétaires conditionnels » via le cash for work.

En terme de résultats attendus, il s’agira de protéger les surfaces fourragères pastorales à risque par la création de 8 000 kml de bandes pare feux et de renforcer les moyens d’existence des populations à travers des distributions d’argent contre travail à près de 120 000 Personnes/jour,soit environ 4800 ménages pour 33 600 beneficiaires pour un montant total de cash injecté dans l’économie locale des zones ciblées d’environ 800 000 000  de Fcfa (hors cout de mise en œuvre).

Ce programme de la CCA est planifié en harmonie avec les zones d’intervention couvertes par le ministère en charge de l’environnement et sera coordonné avec l’ensemble des acteurs intervenant sur le terrain.

Depuis 2014, chaque opération d’ouverture de bandes pares feux mise en œuvre par la CCA a fait l’objet d’une capitalisation des bonnes pratiques et des leçons apprises. Ces exercices ont permis à la CCA de définir des principes directeurs régissant la préparation et la réalisation d’une telle opération définis comme suit avec :

  • La nécessité d’harmoniser les coûts opérationnels et les budgets de l’opération avec le ministère en charge de l’Environnement ;
  • La mise en place d’un mécanisme de sélection d’opérateurs de mise en œuvre expérimentés et performants ;
  • La nécessaire implication des communes et structures locales dans le processus de formulation et de mise en œuvre du programme ;
  • Le renforcement de la coordination des actions entre la CCA, les opérateurs de mise en œuvre et les différents ministères techniques impliqués ;
  • Le renforcement des activités de suivi, de coordination, d’évaluation et de capitalisation des données liées aux réponses, aux lignes directrices des évaluations indépendantes et à la capacité des opérateurs de mise en œuvre des programmes.

En référence à la proposition du plan national du Ministère en charge de l’Environnement, une répartition des kilomètres de Bandes Pare Feux prévus a été faite par région.

Ces travaux à haute intensité de main d’œuvre seront rémunérés en argent liquide distribué aux travailleurs. Cette rémunération est évaluée à 1300 FCFA par jour de travail et par personne à raison de 25 jours de travail mensuel, soit 32 500 FCFA/mois/personne (1 personne/ménage en moyenne). Avec une opération prévue sur une période de deux mois, chaque travailleur pourra au total percevoir un maximum de 65 000 F CFA. Dans cette logique, se seront au moins 120 000 hommes jour qui seront touchés par ces travaux pour 33 600 bénéficiaires directs et indirects issus de 4800 ménages.

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette opération, la Cellule Crises Alimentaires coopère avec les ONG nationales. Un appel à manifestation a été lancé et un panel d’ONG susceptibles d’effectuer les travaux a été identifié à travers un comité d’experts composé des cadres du DNPGCA, des Ministères en charge de l’Environnement, de l’Elevage, et du Développement communautaire, assurant la tutelle des ONG, sur la base des critères suivants :

  1. Avoir un document de reconnaissance officielle ;
  2. Présenter une copie du récépissé de dépôt du rapport annuel au Ministère du Développement Communautaire (niveau régional), avec copie du rapport d’activités de l’année 2019 ;
  3. Présenter une copie du protocole d’accord type (PAT) délivré par le Ministère du Développement Communautaire et de l’Aménagement du Territoire en cours de validité ;
  4. Disposer d’une présence physique dans la région de la zone d’intervention (existence de siège ou d’antenne dans la région) ;
  5. Disposer d’une expérience prouvée dans le domaine de la réalisation des bandes pare feux (les attestations de bonne conduite et les extraits de conventions des opérations BF réalisées faisant foi) ;
  6. Avoir des ressources humaines qualifiées et disponibles dans le domaine des BPF ;
  7. Justifier de ressources matérielles et logistiques adéquates ;
  8. Présenter le procès-verbal du choix du site conjointement signé par le maire, le service technique concerné et l’ONG ;
  9. Présenter le procès-verbal d’assemblée villageoise attestant l’adhésion des populations bénéficiaires au projet signé par les responsables locaux.

Après la sélection des ONG, les conventions de financement seront signées entre la CCA et les différents opérateurs. Cette convention, précise les rôles spécifiques de chaque partie, les résultats attendus, les dispositions financières, comptables et administratives, la durée de la convention, les rapports d’activités et le règlement en cas de litige.

Une fois l’ONG retenue, un protocole de collaboration sera signé entre l’ONG et la commune d’intervention (avec mobilisation de l’OSV « si fonctionnel ») définissant les engagements de chaque partie. Ce protocole est annexé à chaque convention. Tous les choix de sites sont sanctionnés par un Procès-Verbal (PV) dument signé entre les deux parties. Ce PV est contresigné par le service en charge de l’environnement pour attester la disponibilité de fourrage sur les sites retenus.

Les COGES seront appuyés pour renforcer les mécanismes de valorisation de la paille récoltée au niveau des communautés bénéficiaires de l’opération.

Une session de formation de deux (2) jours est organisée à Niamey par la CCA et le Groupe de Travail Interdisciplinaire (GTI) à l’attention des opérateurs sur le processus de mise en œuvre des projets. Il s’est agi d’harmoniser les compréhensions des uns et des autres, de passer en revue ensemble les budgets des projets, d’examiner les conventions et les fiches signalétiques, d’examiner les modalités de mise en œuvre et de suivi en lien avec les expériences passées et les modalités de justification des différentes dépenses prescrites dans le manuel de procédure des PAC.

Pour assurer une meilleure mise en œuvre de cette opération, un suivi sera réalisé à différents niveaux. D’abord, le Groupe Technique Interdisciplinaire de la CCA (GTI/CCA) composé par les techniciens des Ministères techniques et les cadres du dispositif (CCA, SAP, SP/DNPGCA, CFS) qui effectuera une mission de contrôle à mi - parcours au niveau des sites. Cette mission a pour objectifs d’apprécier l’état d’avancement des activités programmées (réalisations et distribution du CASH), et leur conformité avec les prévisions.

Puis, les Comités Régionaux de Prévention et Gestion des Catastrophes et Crises Alimentaires (CR/PGCCA) qui assurent le suivi des projets mis en œuvre par les ONG. Il est prévu deux mission du CR/PGCA durant la phase de mise en œuvre pour vérifier la qualité et le respect des normes des ouvrages.

Enfin, les Comités Sous Régionaux de Prévention et Gestion des Catastrophes et Crises Alimentaires (CSR/PGCCA) assurent le suivi exhaustif des projets mis en œuvre par les ONG. Il est prévu deux (2) missions (composées des services de l’élevage et de l’environnement) du CSR/PGCCA durant la phase de mise en œuvre pour vérifier la qualité et le respect des normes des ouvrages.

Au cours des missions de suivi technique, les comités sont habilités à demander la suspension d’un projet si les activités ne se déroulent pas convenablement. Le Secrétariat Permanent Régional (SPR) du DNPGCA reçoit copie des rapports de mission du Comité Sous Régional. Un compte rendu des principales conclusions est fait au Maire à l’issue des visites de terrain.

Par ailleurs, La mairie assure un suivi rapproché des projets mis en œuvre dans sa commune. Au démarrage des opérations une mission conjointe de sensibilisation composée du maire, du CSR/PGCCA et du représentant de l’ONG sera effectuée.

Une mission de suivi de l’ensemble des opérations (conduites par les ONG et les CSR) sera effectuée à mi-parcours de la mise en œuvre des activités. La mission sera composée du maire ou son représentant et d’un membre des services techniques communaux (COFO, environnement, agriculture etc…). Une dernière mission de réception des sites sera effectuée par le maire dans leur commune. Cette mission sera composée du Maire, du CSR et de l’ONG. Elle aura comme objectif d’établir l’état final des réalisations physiques et de distribution de cash. Elle sera sanctionnée par un PV signé par les trois (3) parties.

La gestion financière de l’opération sera exécutée conformément aux procédures décrites dans le document de « Procédures de gestion administrative, financière et matérielle des PAC » élaboré à cet effet et faisant partie intégrante des conventions de financement.

A la fin des opérations, une évaluation d’effets de l’opération sera réalisée par le Secrétariat Permanent (SP) du DNPGCA au premier trimestre de l’année 2021 pour apprécier l’exécution du programme et ses effets sur les conditions de vie des populations bénéficiaires.

Le DNPGCA

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